DaSaYa : interview exclusive

Le groupe DaSaYa, originaire de Grenoble, nous a accordé une interview riche en sincérité et en informations inédites. Dans cet entretien, il est question de la présentation du groupe, de leur premier album ainsi que de leurs prochains concerts.

FICHE ARTISTE

Que signifie DaSaYa ?

Dave (DaSaYa) : « C’est un secret… Et puis c’est très compliqué : DaSaYa est composé des 2 premières lettres des prénoms de chaque musicien dans leur ordre d’apparition (ndlr : DAve, SAndrine, YAnn). Mais ce qui est réellement compliqué, c’est que ce n’est pas comme ça que le nom a été trouvé. M’intéressant à cette époque à certains aspects de la culture indienne, et faisant en même temps des recherches pour trouver un nom au projet, j’ai été interpelé par le mot « Dasaya » en sanscrit, dont la signification réelle m’est assez obscure. La définition d’un mot très proche « dasas-ya », que l’on peut traduire par « faire plaisir », m’est alors apparue comme parfaitement représentative de notre volonté : se faire plaisir et communiquer cette énergie positive pour faire plaisir aux autres. Le nom était trouvé ! »

Peux-tu nous raconter la formation du groupe DaSaYa ?

Dave (DaSaYa) : « Vous avez deux heures ? (ndlr : il sourit) J’ai recruté Sandrine sur audition en 2001, pour un groupe Pop / Folk dont je faisais partie. Notre alchimie a immédiatement été incroyable. Puis le groupe s’est mis en quête d’un second guitariste. Sandrine a alors puisée dans ses contacts, et nous avons recruté Yann. Notre grande entente à tous les trois faisait prendre au groupe une toute autre tournure (très Jazz-Funk), ce qui déplaisait bien évidemment à son leader. Nous avons donc très rapidement décidé de former parallèlement notre propre groupe.

Dasaya est ainsi né en 2002. Nous avons commencé par d’interminables sessions d’improvisation Jazz-Funk que nous enregistrions sur bande. De ces kilomètres de bande, ont émergés des morceaux à tendance très Funk / Seventies. Puis nous avons ajouté une ligne mélodique de chant, et nous avons commencé à nous produire sur les scènes libres de l’hexagone, faisant souvent des jams sessions (ndlr : séance d’improvisation) avec d’autres musiciens ou groupes. À l’époque, la scène musicale grenobloise était très riche et active. Nous étions particulièrement remarqués pour notre duo basse / batterie, dont l’alchimie était si forte que nous improvisions avec une aisance toute particulière et jouissive.

En 2003, j’ai remplacé le batteur d’un groupe Trip-Hop, et je suis finalement resté dans ce groupe qui a écumé les scènes les années suivantes. La chanteuse de ce groupe a rejoint parallèlement Dasaya. Des tensions ont commencé à apparaitre, et j’ai décidé de quitter le groupe en 2006, qui s’est dissout.

En 2008, je monte un projet Électro-Jazz (Davyan) sous licence Creative Commons, compose entièrement et produit un album dans mon home studio. Yann y fit quelques parties de guitare, et c’est alors que nous eûmes l’envie de reformer Dasaya.

Je recontacte Sandrine en 2009 qui n’attendait que ça, et c’était reparti ! Notre orientation était au départ le Groove funky. Quelques temps après ce nouveau départ, je croise un chanteur, vieil ami d’enfance que je n’avais pas revu depuis plus de 15 ans. Je lui propose de venir faire un essai, et nous l’adoptons. Ayant ses propres compositions, nous évoluons alors vers une musique beaucoup plus Pop / Rock.

En 2010, nous entamons nos premiers concerts, et en 2011 nous nous produisons avec Dalé et Ke Onda à l’Oriel (ndlr : Varces), tout en sortant notre premier album sous licence libre (ndlr : Creative Commons). »

Comment se passe la collaboration entre chaque membres du groupe ?

Dave (DaSaYa) : « Yann compose majoritairement les musiques et les lignes de chant. Il arrive avec une idée précise, ou un simple riff, et nous partons de là pour élaborer un titre. Claudio écrit les textes sur la musique, il apporte également ses propres compositions, et fait des arrangements. Sandrine et moi ne sommes pas tellement impliqués dans le processus de composition en soi, mais nous déterminons librement la rythmique. J’enregistre, mixe et pré-masterise nos titres dans mon home studio, et je fais quelques arrangements mineurs également. »

Combien de fois répétez-vous par semaine et combien de temps environ ?

Dave (DaSaYa) : « Il n’y a pas de règles précises, mais au moins 2h par semaine. Parfois beaucoup plus, lorsque nous mettons des titres au point, ou par exemple lorsque nous avons ponctué toute une soirée culturelle de jingles écrits spécialement pour l’occasion. »

Tu dirais que vous êtes un groupe : ambitieux, créatif ou innovant ?

Dave (DaSaYa) : « Nous sommes déjà un groupe, tout simplement, et c’est déjà en soi un miracle que d’arriver à s’entendre depuis aussi longtemps ! Dire que nous sommes ambitieux serait faux selon la conception de ce mot dans l’esprit collectif, innovant non plus car que reste-t-il à inventer en matière de musique ? Créatif il faut l’espérer ! »

Peux-tu nous en dire plus sur votre premier album « Another Place » ?

Dave (DaSaYa) : « C’est le premier album officiel. Il est disponible gratuitement en téléchargement haute qualité, car nous avons adopté une licence Creative Commons. Nos titres sont protégés juridiquement au même titre qu’un album commercial, mais tout le monde peut les télécharger et les copier gratuitement en toute légalité, du moment qu’ils ne sont ni modifiés ni interprétés par d’autres formations. Je suis totalement contre la SACEM et ce genre de sociétés pour des raisons trop longues à décrire ici. Mais pour résumer, pour moi, le travail d’un musicien est de jouer sur scène ou de composer, mais pas de vivre des bénéfices de la vente de produits matériels. »

Quel est votre titre préféré ?

Dave (DaSaYa) : « Nous avons chacun notre préférence, et il est difficile de répondre objectivement, alors on va dire… tous ! »

Votre album mêle Groove, Pop, Rock. Quels sont les groupes qui vous inspirent ?

Dave (DaSaYa) : « Nous avons chacun une culture musicale et des influences très différentes, et sommes très éclectiques dans nos goûts. Ça fait toujours bien de dire ça, mais cela va réellement du classique au métal. Il y a des choses intéressantes dans tous les styles musicaux, les étiquettes n’ont aucune importance. En ce moment par exemple, sur la scène internationale et parmi les artistes connus, nous aimons beaucoup Joss Stone et la très regrettée Amy Winehouse. Plus personnellement, j’aime énormément Diablo Swing Orchestra depuis quelques années (ils distribuent leur 1er album gratuitement via la même plateforme que nous, Jamendo), groupe injustement méconnu, et qui est incroyable sur scène. Ils mélangent, avec plus ou moins de bonheur, à peu près tous les styles musicaux, mais sont injustement étiquetés en tant que groupe de métal.

Les seuls points communs entre nous 4, sont certainement d’une part le fait qu’une majorité de nos références communes se trouvent dans les années 70, et d’autre part que nous sommes relativement insensibles à ce qui marche très fort commercialement aujourd’hui. Notre âge joue beaucoup sans doute, la plupart des produits musicaux étant calibrés pour les 15-25 ans, âge que nous avons malheureusement dépassé depuis longtemps . Mais pour citer quelques noms « connus » pèle mêle : Maceo Parker, Stevie Ray Vaughan, Queen, et quelques centaines d’autres plus ou moins connus. »

En général, quel message essayez-vous de faire passer dans vos chansons ?

Dave (DaSaYa) : « Aucun en particulier. Nous n’avons aucunement la prétention d’être un groupe à textes ou engagé, de même qu’il nous est impossible de nous étiqueter nous-mêmes musicalement. La musique et ce qu’elle dégage prime pour nous sur les mots. Les textes sont d’ailleurs majoritairement en anglais car d’une part il est très difficile d’écrire en français sans tomber dans d’inénarrables clichés, et que d’autre part nous trouvons la langue anglaise bien plus facilement “chantante”. Certains textes sont très pessimistes, d’autres au contraire très optimistes et gais, voire totalement farfelus et idiots, comme notre titre « A la télévision », qui fait beaucoup rire ma fille. Mais je crois que ce qui nous anime globalement, c’est notre insensibilité au conformisme et à l’uniformisation des masses de plus en plus prégnant. Ça fait peur, et la musique permet d’outrepasser les limites du cadre de plus en plus normalisé de la société… »

Peux-tu nous communiquer quelques dates et lieux de vos prochains concerts ?

Dave (DaSaYa) : « Nous jouons le 27 janvier à l’Artisho (Grenoble). Pour en savoir davantage, il convient de visiter nos sites Internet, qui sont gérés depuis peu par un jeune fan. »

As-tu un dernier message à faire passer aux Acadenautes ?

Dave (DaSaYa) : « Ce site est une excellente initiative, et gratuit qui plus est ! La connaissance est la plus grande source de liberté d’esprit, elle aide à mieux choisir et apprécier, indépendamment du conditionnement social. Il est très utile de développer son oreille musicale mais également d’apprendre ne serait-ce que les rudiments du solfège pour mieux comprendre « comment ça marche », et ainsi mieux se rendre compte de la pauvreté musicale qui nous entoure.

Il y a énormément d’artistes, de musiciens et de groupes fabuleux, qui ne sont connus que d’une poignée de mélomanes, et c’est bien dommage pour la diversité et la culture. Si j’étais ministre, je déclarerais un site comme le votre d’utilité publique, et me mettrais certainement par la même occasion la plupart des majors sur le dos. Mes meilleurs amitiés à tous les Acadenautes ! »

06/01/2012

Acadezik

Qui sommes-nous

Contact

Ils parlent d'Acadezik

Suivez-nous

Facebook

Twitter

YouTube

Google+

Actus & Astuces

Abonnez-vous à notre newsletter






Liens

Nos partenaires

Liens Web

Acadezik™
X